Liste du Bourgmestre Riguelle                                                                                                                                                    NL Website




Police, le droit à la sécurité des Bruxellois

Juin 2010 - Tribune politique du Berchem News n°92

De récents événements dramatiques ont permis de mettre en lumière le travail conséquent et périlleux des forces de l’ordre des six zones de polices de la Région de Bruxelles-Capitale. Si la qualité du travail accompli mérite d’être soulignée, il faut aussi mettre celle-ci en perspective de difficultés structurelles liées ou non à la fonction policière. Comme bourgmestre, je me placerai plutôt du point de vue du responsable local de la sécurité. Le Bourgmestre est le chef administratif de la police: il doit veiller à ce que les forces de l’ordre s’organisent en fonction des missions, disposent du matériel et des équipements nécessaires, poursuivent des objectifs établis au sein du Conseil Zonal de Sécurité et approuvés par le Conseil de Police, émanation des conseils des communes de la zone. La réforme de 2000, dite « Octopus », a apporté un certain nombre de points positifs et les petites communes, notamment, peuvent aujourd’hui disposer d’un panel de services spécialisés (jeunesse, stups, recherche, …) plus large que par le passé. Les résultats de certaines zones, telle la zone de police Nord-Ouest, sont édifiants lorsqu’on cite les chiffres de 70 000 interventions par an et de 1200 mises à disposition du Parquet pour une entité de plus de 180 000 habitants répartie sur 5 communes. Chapeau!

Mais - car il y a un « mais » et il est de taille! - la norme de financement, dite « Norme KUL » (parce qu’établie par l’université du même nom), a été calculée puis négociée politiquement au détriment des grandes villes et de Bruxelles en particulier. Une étude récente de Dexia montre que, en moyenne, les communes de la Région flamande dépensent 111 € par an et par habitant pour leur police. Dans le même temps, les communes wallonnes dépensent 127 € par par habitant tandis que les communes bruxelloises en dépensent… 255! Une sacrée différence dont la norme KUL n’est pas la seule explication. En effet, l’affaiblissement organisé du dispositif policier fédéral à Bruxelles cause une surcharge de travail (donc d’heures supplémentaires) qui pèse dans le budget des 6 zones de police. Précédemment, il existait à Bruxelles une « réserve fédérale » qui intervenait lors de manifestations, de désordres publics, de matchs de football. Cette « réserve » a littéralement été disséminée dans le pays et affectée à d’autres tâches, de telle sorte qu’il ne restait à certains moments que 18 hommes et une autopompe pour assurer le maintien de l’ordre dans la capitale nationale et européenne qu’est Bruxelles!

Il faut y ajouter le fait que les zones de police doivent fournir une « capacité hypothéquée » de plusieurs milliers d’heures qui doivent rester à disposition du directeur coordinateur bruxellois qui y fait appel lorsque nécessaire. Mais qui paye ces heures de travail prestées hors zone? Les zones, donc… les communes! Voilà une charge transférée de facto vers les communes qui financent ainsi les compétences fédérales. Sans parler des difficultés de recrutement au niveau fédéral qui entraînent des heures supplémentaires au niveau local! Tous ces éléments et bien d’autres affaiblissent les zones bruxelloises.  Or les Bruxellois – et les Berchemois - ont droit à une sécurité comme tous les autres citoyens de ce pays.

Malgré ces difficultés financières évidentes, nos forces de police accomplissent un travail de qualité au niveau de toute la zone et la proximité des policiers de notre division berchemoise est aussi un atout important renforcé par notre service de prévention. Nous continuerons à être attentifs à cet aspect de notre gestion communale, à savoir la prévention et la sécurité au service de tous les Berchemois.




Liste du Bourgmestre Riguelle | Contact webmaster